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Frémissements : vers une reconnaissance des droits d’usage et de partage des œuvres dans le droit d’auteur ?

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Dans le cadre des conférences organisées par Sciences PI (association de propriété intellectuelle à Sciences PO), Philippe Aigrain, théoricien du libre,  était invité à présenter le 7 avril 2011 ses idées sur les « fondations pour les droits intellectuels à l’ère de l’information », l’occasion de reprendre certains de ses arguments.

Le texte qui suit ne restituant pas l’intervention de Philippe Aigrain[1], il serait opportun de consulter sa communication, prochainement disponible sur le site de Sciences PI.


Des discours officiels, comme celui de Neelie Kroes, Commissaire européenne chargée de la société numérique, à Avignon en novembre 2010 ou, très récemment, celui de Francis Gurry, directeur de l’OMPI[2], démontrent que l’idée de (re)donner une place aux droits d’usage est de plus en plus prégnante.

Ne note-t-on pas un léger frémissement avec cet article de Me Murielle Cahen qui analysait le 6 avril 2011 les implications juridiques du bouton de partage ? Il s’agit certes d’une présentation d’un état du droit[3], mais qui marque néanmoins un intérêt réel. On ne peut manquer d’imaginer que la question d’un droit spécifique pour l’usage collectif à des fins non commerciales, idée proposée en 2008 par la Commission européenne dans son livre vert sur l’accès à la connaissance[4], ne soit désormais abordée de plus en plus fréquemment.

Le lien première étape ?

L’article de Me Cahen, qui se demande si le partage ne représente pas une atteinte au droit de représentation, me rappelle les débats autour du lien hypertexte lancés au début des années 2000. Lire la suite

Des notices et des droits

shindohd. CC BY NC SA. Sur FlickrJournée des utilisateurs des produits et services bibliographiques- Bibliothèque nationale de France : 22 septembre 2010

Intervention lors de la table ronde sur la tarification et les conditions d’utilisation des données bibliographiques

Présentation sur slideshare

Au-delà des formats et d’autres aspects techniques, qui seront abordés lors de la journée, il y a aussi des modèles d’affaires et des droits.

Pour introduire la question du droit appliqué aux notices bibliographiques, cette remarque, vue sur la rubrique Developers/Licencing du site Open library, prête sans doute à sourire (Diapo 2).

“When it comes to community projects, the legal issues are, frankly, very confusing”.

Mais on percevra très vite le caractère déroutant de la question si l’on indique que pour utiliser des notices bibliographiques, on doit garder en mémoire les dispositions du droit d’auteur, celles du droit des bases de données, celles du droit de réutilisation des informations publiques et, de toute façon, tenir compte des dispositions contractuelles, ou conditions générales d’utilisation, définies par chaque producteur d’un catalogue (Diapo3). Read more

Libérons les données ! De quelques aspects juridiques

A l’heure où l’on évoque la libération des données publiques [1] et le Web des données [2], ou encore le data journalisme, il semblait utile d’approfondir cette question que l’on avait abordée en 2006 pour les données de la recherche.

Les enjeux

Dans le domaine scientifique, il est essentiel de partager les informations. Pouvoir reconnaître la qualité de  biens collectifs aux résultats de la recherche devient donc un impératif. Quant au Web de données, autre exemple retenu, il implique que l’on puisse relier et interroger de manière simple les données dispersées sur le web [3], mais aussi d’en disposer sans se heurter à des obstacles juridiques.

Or,  pour accéder à des  données et avoir le droit de les utiliser, on s’aperçoit qu’il faut bien  souvent contacter les ayants droit et négocier des licences, ce qui s’avère généralement lent et coûteux.

Pour pallier les risques croissants de réappropriation des données, liés à  l’expansion actuelle de la propriété intellectuelle, ont été développées parallèlement, depuis plusieurs années, des approches techniques et juridiques dites « ouvertes ».

Les données libres et ouvertes permettent ainsi de disposer d’un fonds commun de données dans lequel n’importe qui peut puiser et ce, malgré les différences importantes des contextes juridiques et institutionnels de leur création.