Google, car Google était non seulement présent, mais sous-jacent dans presque toutes les interventions faites lors de cette conférence. Les questions ont bel et bien été posées, et elles sont nombreuses. Pour y répondre, garder les principes mais en les faisant évoluer, sans rigidifier le système, tel aura été souvent le message, quelquefois subliminal. Un simple ajustement, en fait. Mais vers quoi ? A quelle échéance ? La « clause d’avenir », rendez-vous pour renégocier d’ici deux à trois ans à insérer dans les contrats d’auteur, est-ce vraiment le mot-clé à retenir ? Où sont-ce les négociations qui se poursuivent toujours qui imposeront de fait un modèle ?
Le livre numérique et la numérisation des fonds : un défi pour le droit d’auteur ?
Compte rendu à paraître sur le site de l’ADBS
Quelques jours avant le discours de Larry Page en France [1], quelle belle démonstration des défis posés par Google représentait cette conférence organisée par l’AFPIDA [2] le 17 mai 2010 ! Quel poids peut, en effet, encore avoir le droit d’auteur ou la règle du prix unique dans un environnement caractérisé par la multiplicité des services, la mondialisation et de nouveaux acteurs (hébergeurs, moteurs et lecteurs), surtout si le modèle d’affaire de certains d’entre eux écrase toutes les règles ? Doit-on résister, au risque de disparaître ? Doit-on s’adapter ? Jusqu’à quel point ? Des questions auxquelles il est désormais urgent de répondre, comme on nous l’aura démontré, fût-ce indirectement.
Un « trop plein juridique » [3]
Ce fût annoncé heureusement comme une « ébauche » de catalogue, car la liste des questions juridiques posées par le livre numérique et la numérisation des fonds s’est avérée étourdissante. Difficile d’être concis, en effet, lorsque l’on entend, comme Emmanuel Derieux, englober la vente en ligne du livre sur support papier, le livre numérisé et le livre numérique, toutes les étapes de la production à la commercialisation et aux usages, ainsi que le point de vue des auteurs, des producteurs et du public. Read more